3 septembre:
Après 30heures de nave.. plutôt très tranquille nous sommes bien arrivés à Maupiti.. la petite BOra bora comme ils la surnomment.
Maupiti c’est beau ! c’est même très beau quand on prend de l’altitude !! On grimpe au sommet pour s’ extasier de la vue ! Admirer les formations de corails dans le lagon. Le lendemain on fait le tour de l’île à pieds .. à la recherche d’œufs .. mais plutôt pour manger une délicieuse glace aux cornets fait maison!
Décidément nous aurons parcourus chaque chemins de l’île de Maupiti.. plus aucuns sentiers n’a de secrets même la vanille sauvage qui pousse sur les hauteurs de la traversière nous a été dévoilée ! Nous avons découvert le Penu: Le penu de Maupiti est le pilon traditionnel polynésien sculpté dans de la roche basaltique, qui sert d’emblème à l’île de Maupiti.
À défaut du manque de vent pour pratiquer le kite nous nous dégourdissons bien les jambes ! Tous les jours nous marchons, nous faisons le tour de l’île une fois dans un sens, l’autre jour dans l’autre sens ..
Nous sommes même remonté au sommet du cailloux au coucher du soleil pour encore admirer ces étonnantes formations coralliennes. Quel art cette nature! Merci au drone de nous permettre d’immortaliser ces œuvres !



Nous rencontrons Marc un parisien qui est installé sur l’île depuis 33ans. Il tient une petite épicerie et nous raconte des anecdotes.
Je cuisine nos légumes du jardin potager de Tahiti avec parcimonie et me désole de voir qu’ici à Maupiti il y a seulement des gousses d’ail en vente et trois oignons qui se court après!
Prochain ravitaillement de frais sera aux Tonga .. en attendant on mangera nos conserves de ratatouilles du Chili !
Il nous est arrivé un drame la nuit dernière. On s’est fait inonder par la pluie !! Comme nous avions accès à une eau de source à côté de la station des pompiers nous en avons profité pour bidonner 80 Litres et remplir nos réservoirs. Sans regarder le niveau d’eau, Robin a installé la bâche de récupération d’eau de pluie sur le pont en pensant que la petite pluie annoncée en soirée ferait le plein ! Cependant la petite pluie s’est transformé en pluie torrentielle sans interruption! Au milieu de la nuit, Robin se lève pour un petit tour de vérification pipi et voit de l’eau sortir du tuyau du dessalinisateur. N’en croyant pas ses yeux encore endormis, il soulève les planchers et s’aperçoit que toutes nos denrées stockées dans les fonds flottent!! nous avons de l’eau (heureusement douce) dans tout le fond du bateau. Il court sur le pont déconnecté la bâche de récup et c’est parti pour un pompage rapide avec les pompes électriques .. on nettoiera le reste quand il fera jour ! Quelle matinée !! Le positif dans tout ça c’est que les fonds du bateau n’ont jamais été aussi propres!!



9 septembre:
Nous avons quitté Maupiti après le lunch pour rejoindre le lendemain matin Maupihaa, dernier atoll de la Polynésie Française où nous allons rester là une petite semaine en attendant la prochaine fenêtre météo pour continuer notre route vers l’Ouest vers les Tongas.
il est 7h du matin quand Metani franchit sans encombre l’étroite passe de l’atoll de Maupihaa. Il nous aura fallu un peu plus de 20h de navigation pour rejoindre cette iles isolée située le plus à l’ouest de la Polynésie Française.
Ici Ça ressemble aux Tuamotus ..et il y a (à ce qu’il paraît) plein de langoustes et de Kaveu (crabe de cocotiers) .. mais cette histoire c’est pour le prochain épisode ! Maintenant place à la douche et au repos!



Quand nous débarquons sur le bord de la plage de Maupihaa nous sommes ébahis par la clarté de l’eau et du grand nombre de poissons qui bordent la plage. Il y a aussi plein d’oiseaux qui tournoient dans les airs et toute une nurserie de requins pointe noire. Les différentes couleurs de turquoises nous font rêver! C’est vraiment beau ici!
Nous arrivons dans le jardin de Harry et faisons connaissance en ratissant et nettoyant sa plage paradisiaque. Il vient de revenir à Maupihaa après une absence de plus de 6 mois, il y’a un peu de travail de débroussaillage à faire! Harry a 64 ans et vit ici principalement dans sa maison construite de ses mains avec des bout de bois et des tôles qui servent de façade et de toit. Sa femme Norma est restée à Maupiti. Son frère habite aussi sur l’île à 700 mètre un peu plus au nord de l’atoll. Il ne sont que deux familles à peupler Maupihaa.
Avant dans les années 90, il y avait quelques fermes perlières et de la récolte de copra mais le cyclone de 1997 a tout détruit et le bateau ravitailleur ne passe plus par Maupihaa depuis longtemps. Ils sont donc livrés à eux même depuis! Heureusement ils ont des cousins ou des amis qui leur amènent de vivres à bord de leur petits bateau moteur (leur marara) depuis Bora bora ou Maupiti. Chargés de 700 litres de diesel ils arrivent à faire l’aller-retour en 10h de voyage.
Les voiliers aussi profitent de cette escale et leur apportent de bonne volonté des marchandises ou troque de la langouste contre des produits plus raffinés.
Depuis notre rencontre avec Harry et son chien Taora nous ne nous quittons plus. Un jour c’est pêche au harpon en dehors de la passe, l’autre nuit c’est chasse au Kaveu dans sa palmeraie ou pêche à la langouste sur le platier .. on ne s’ennuie pas une seconde!



Nous vivons même un truc de dingue en allant plonger à l’extérieur de l’atoll nous tombons nez à nez avec un baleineau déjà bien gros qui nous tourne autour sans peur pendant de longues minutes. Il nage tellement proche de nous trois que nous en avons des frissons de peur mais surtout de joie. Cette rencontre est grandiose!



Nous dormons plus de 12h par nuit tellement c’est calme ici. Aucune nuisance sonore, aucun chien qui aboie, aucune vague de bateau nous fait bouger Metani , bref nous sommes au paradis!
14 septembre:
On se déplace au sud de l’atoll pour se protéger du coup de vent du sud.. faire un peu de kite de la pêche au Varo avec Harry et des promenades sur le platier en mode beach combing!



25 septembre:
Des nouveaux bateaux sont arrivés dans le lagon de nationalités différentes.. il y a la passion avec à bord australiens, British et italiens. Il y a Chi avec deux americains, il y la Bulle avec des francais .. on organise les repas 5 étoiles chez Harry on fait la traduction pour Harry .. on pêche toujours et tous les jours ! La vie ici à Maupihaa est paradisiaque !
27 septembre:
J’écris ce mot dans le livre d’or d’Harry:
Très Cher Harry,
Merci. Merci de nous avoir ouvert les portes de ton paradis.
Quelle étoile nous a guidés pour que tu reviennes à Maupihaa juste avant nous ? Sans toi, ce n’était qu’un lagon. Grâce à toi, c’est devenu notre plus beau souvenir.
Par ta gentillesse immense, ton sourire qui illumine l’atoll, ton hospitalité sans mesure et ton énergie inépuisable, tu as transformé notre dernière escale en Polynésie en un chapitre magistral. Un moment suspendu, qui restera à jamais gravé dans nos cœurs.
Un jour, on ouvrira ce restaurant 5 étoiles ensemble, c’est promis. Et je te jure que cette fois, je mettrai le citron sur le poisson cru AVANT le lait de coco !
Merci du fond de l’âme pour cette pêche au Varo miraculeuse, pour ces festins partagés, pour ces rires autour du feu.
Nous quittons ton lagon les larmes aux yeux, les mains usées par le ratissage, le corps gorgé d’eau de coco – on n’en aura jamais autant bue – et de poissons, mais surtout le cœur débordant, rempli de ton amour et de ta bonté.
Prends soin de toi, prends soin de notre Toréa.
Tu n’es pas qu’un ami rencontré sur la route. Tu es notre famille de Maupihaa.
tes amis pour toujours !

28 septembre 2026:
Ce matin dans le carré de Metani, nous consultons encore la météo espérant une amélioration. C’est à dire pour cette traversée, une baisse de vent et de vagues.. mais rien indique cela, c’est plutôt l’inverse qui est annoncé pour les 15 prochains jours. Plus de vent et plus de vagues.
Robin n’est pas motivé et broie un peu du noir car il sait que ça va barder. Moi, je vais être malade cloîtrée sur la banquette pendant les 4 premiers jours et lui devra faire les manœuvres tout seul.
C’est clair qu’on préférait rester encore un peu à Maupihaa en attendant une belle fenêtre météo sans trop de vague avec une brise à 15 noeuds soufflant de derrière.. malheureusement le temps passe plus vite que prévu et notre rendez-vous avec la grue du chantier de Vuda Marina aux Fidji ne peut pas être décalé. Il nous reste donc un mois pour parcourir les 3000 kms qui nous sépare des iles Fidji en souhaitant faire escale de quelques jours aux îles Tonga.
Il faut y aller coût que coût !
On profite encore de cette dernière journée au mouillage sud de Maupihaa pour préparer le bateau. J’enfourne un cake courgette fêta pour nourrir mon capitaine les premiers jours de nave. Robin installe le régulateur d’allure sur la jupe. Il répare le portique qui se dévisse au passage et passe la moitié de la journée à mettre en hibernation notre desalinisateur de la bonne façon car au vu des conditions musclées qui nous attend nous ne voulons pas faire fonctionner notre dessale.
Nous rejoignons Harry et Toréa sur la plage pour partager un dernier festin, mon met préféré: du Varo, que Harry est allé pêcher en douce pour me faire plaisir ! Quel incroyable pêcheur !!
On allume un énorme feu sur la plage avec le ratissage des feuilles de palmier à la tombée de la nuit en sirotant un pastis que Jean-Louis de la Bulle nous offre et nous rentrons sur Metani pour finir de ranger et saucissonner notre dinghy sur le pont à la lampe frontale.
29 septembre :
Vers 9h après la visite éclaire de Marcel du voilier Krill, nous levons l’ancre avec Harry à bord et son chien attaché dans sa barque que nous remorquons jusque devant chez lui. Sans vraiment s’arrêter, nous larguons Harry et Toréa après de chaleureuses embrassades et sortons du lagon de Maupihaa les larmes aux yeux.
C’était vraiment beau cet endroit!